NOUVELLE ATTEINTE À LA LIBERTÉ ?
Une poignée d’associations à couleurs ou géométrie variables, y compris au niveau national d'ailleurs et dont les protagonistes seraient peut-être en recherche de considération, voire de finances, n’ont de cesse de vouloir faire instituer des règles à tout va, sous prétexte de préserver la nature qu’elles n’ont en réalité de cesse de faire confisquer jour après jour.
Qui ignore encore dans notre Ile, ailleurs aussi hélas, que certains pseudo-érudis sont infiniment plus avertis de ce qu’il faut ou ne faut pas pour que le bon peuple se satisfasse du sort qui lui est fait ?
Pour ce qui concerne la pêche amateur et plus principalement celle à pied, bien que celle en bateau soit également dans le collimateur de ceux qui font flèche de tous bois sans en évaluer les répercussions néfastes, il est à parier que d’ici peu que la liberté restante de la pratiquer comme un loisir, un plaisir familial, voire un privilège rare pour beaucoup, disparaîtra.
Ces associations disposent de statistiques indiscutables selon elles et s’en servent pour étayer leurs revendications ou points de vue.
En effet, comment tolérer plus longtemps, comme en 2007, que 180 000 olibrius de tous poils, pour la plupart «des NÉO-RHÉTAIS et des ÉTRANGERS VENUS DU CONTINENT» (sic), en clair, que des envahisseurs continuent à venir piétiner l’estran insulaire et prendre plaisir à glaner çà et là quelques huîtres, palourdes, coques, crevettes et autres douceurs marines chèrement gagnées au prix de moult courbatures, coupures et enivrements iodés ?
Rendez-vous compte, toujours durant l’année passée, pas moins de 140 TONNES (!) de palourdes ont été pillées, dont 20 % d’entre elles seulement (!!), soit 28 TONNES (!!!), soit encore et à raison de 50 au kg, 1 400 000 palourdes (à une ou deux près), étaient à la bonne dimension, que très exactement 36 tonnes de coques (à 100 gr près), ont également été subtilisées et que pour les moules et les huîtres, le manque à gagner des pros du domaine, pourrait si l’on y prenait garde, devenir supérieur au C.A. du commerce local !… (Heureusement, les coquillages sont souvent toxiques du 14 juillet au 15 août et interdits de ramassage du 15 décembre au 15 janvier de chaque année, ce qui sauve en partie les professions concernées !...)
Alors, devant une situation aussi apocalyptique et comme toutes les bonnes choses sont sensées être réservées à certains seulement, bientôt, ce sera BERNIQUE pour tous ! On nous parle déjà de mise en jachère d’une partie de l’estran…
En voilà une riche idée qui va faire que la dispersion actuelle desdits pêcheurs à pied sur le pourtour de l’Ile, deviendra automatiquement une concentration telle sur les zones autorisées, qu’elle aura pour conséquence immédiate, l’appauvrissement total, rapide et définitif des lieux de toutes espèces !
D’autre part et à propos des zones dites en jachère, voilà des espaces que d’autres pourront alors braconner abondamment en toute quiétude, ainsi que cela se pratique actuellement dans les zones interdites pour la pêche au filet par exemple et pas par des particuliers !... Vous n’y pensiez pas ? Eux, si !
On nous parle aussi de carte de pêche… Payante forcément !… Voyons, en admettant, au hasard comme ça, même si c’est pas encore fait et puisque l’on vous dit, juré, craché, que c’est juste une idée lancée comme ça et qu’elle n’aura aucune suite, mais en admettant toutefois que ça se fasse par inadvertance, que ladite carte ne coûte que 20 minables, dérisoires, négligeables et méprisables (pour certains), petits Euros…
Vous me suivez toujours ? Parfait.
Maintenant, je multiplie le coût de cette foutue carte par les 180 000 couillons précités, ce qui me fait… 3 600 000 € !... Ah quand même ! Et ça, rien que chez nous dans l’Ile !!! Allons plus loin : Si je multiplie le nombre de kilomètres de côtes Françaises par le nombre potentiel de pêcheurs estimé scientifiquement dans l’Ile, j’obtiens le nombre de… OUPsss !...Combien de millions ? Ben mon colon !!! Tant que ça ?
Tant que j'y suis, je multiplie ensuite toutes les poires en devenir par la pécadille de 20 €, au hasard, comme ça et parce que tel est mon bon désir.
Je peux donc réduire le déficit de l’état de… WOUAOUoûoûoûoû !…, ben couillon !, boudiou !, ah la vache !... Eh les gars, pour le trou de la sécu*, ça y est, j'ai la solution !
* À propos, mais surtout, ne le répétez pas : De mauvaises langues prétendraient que les trois quarts des bateaux du port des Minimes ont été financés grâce à elle… C’est pas bien de faire courir de telles rumeurs, surtout que l’on pourrait voir le mal ailleurs !...
Pour cette fâmeuse carte de pêche, je commence à mieux comprendre les vraies motivations d’une telle démarche et déjà, outre ceux qui comptent aller à la soupe, j’entends certains politique locaux faire crépiter la calculette et dire :
« En voilà une idée qu’elle est bonne ! On pourrait financer un studio de prises de vue sur la vedette des Affaires Maritimes, le golf à Léon, sa récente veste molletonnée enquillée à l’improviste (ou à la CdC), combler le gouffre de la piscine, dépanner Ségolène qui va en avoir bien besoin pour payer le crédit contracté afin de ne pas augmenter l’impôt régional avant les élections municipales, financer la bande du littoral à Maxime, Rames Guyane, le musée de Clerjorgina, puis, mais aussi, ou encore… Bah, on trouvera bien en temps utile ! »
Et si, après ce délire, nous évoquions le tourisme local ?
Nous savons tous, enfin presque, que la pêche à pied est l’un des attraits principaux de l’Ile.
Beaucoup de touristes ou résidents secondaires, toujours 180 000 selon les comptables précités (et non la police…), la pratiquent et prennent plaisir à venir en vacances ici, justement pour avoir le privilège de déguster en famille (pensez à rajouter une moyenne d’environ 3,14116 personnes accompagnant chaque pêcheur pour faire un chiffre rond), les quelques coquillages naturels pêchés par eux. La plupart de ces personnes, pas toujours assujetties à l’ISF, ce qui relève tout de même d'un certain manque de savoir vivre, se logent ou campent et consomment en terre Rhétaise.
Pour ceux qui ne suivraient pas, disons qu’ils viennent peut-être nous piquer quelques coquilles*, mais qu’en plus, ils ont l’indécence d’apporter la majeure partie du pognon de l’économie locale ! *À propos de coquilles, je connais un hebdo qui en a à revendre…
Dans les associations précitées, bon nombre de leurs membres (moins nombreux que les palourdes pêchées, mais je n’ai pas la statistique correspondante), sont généralement des propriétaires, parfois des commerçants locaux et souvent, des loueurs de meublés par exemple.
À ceux-là et tous les autres bien pensants, il serait peut-être bon de leur redire que toute médaille a son revers.
À vouloir tout protéger, tout régenter, tout interdire, tout se garder et surtout, supprimer l'un des derniers bastions du bonheur simple et de liberté qu’est la pêche à pied, à vouloir aussi ponctionner ne serait-ce que des 5, 10, 20 € ou d’avantage, pour octroyer un droit aux gens plus ou moins modestes qui nous font l’honneur de se rendre dans notre Ile, il se pourrait bien qu’un jour les affaires deviennent moins juteuses qu’elles ne le sont actuellement pour certains !
Pour résumer :
- Que la quantité des prélèvements de coquillages soit réglementée à 5 kgs par personne comme actuellement, voire un peu moins éventuellement et qu’il soit tout fait pour que ce soit impérativement respecté, j’approuve sans aucune retenue, mais,
- Que l’on veuille encore et toujours interdire d’avantage et surtout priver le touriste d’un plaisir même aussi minime soit-il et par conséquences, l’ensemble des résidents qui le partagent, je trouve ça petit, ridicule, médiocre, décalé et inconvenant !
Je revendique le droit d’être raisonnablement libre, sans interdits abusifs ou décalés, sans payer à tout va pour tout ou n’importe quoi et sans que des pourvoyeurs de bonne conscience soient là à me les gonfler quand je prends du plaisir, notamment à prélever quelques coquillages.
Qu’on se le dise et s'en souvienne !
Signé : Vigie