C'est beau RÉ ? Pédale !
Transmis par hotdna le Lundi 04 juillet 2005 à 04:00:00
ATTENTION LES VÉLOS !
Tout bon râleur et j’en suis un, se doit de trouver régulièrement un sujet à écorcher, ne serait-ce que par principe et qu’il est pour lui de rigueur d’interpeller le plus grand nombre !
Je vous évoquerai donc les vélos, ceux qui en usent, ceux qui en abusent et ceux qui des NÉO ou SEDOUCH' les regardent passer.
Vélocipèdé moi-même et en connaissant un rayon sur le sujet, je vais tenter de vous cadrer l’affaire afin de vous mettre en selle sans vous braquer par la sinuosité de mes propos qui vont jusqu’à m’étonner quand cela ne devient pas pure angoisse parfois à tel point que je m’interroge si je n’ai pas un peu déraillé ou pété un câble... (Bon, ceci étant fait, vous pouvez respirer !)
Questions :
Qui d’entre-nous n’a pas tenté un jour de se mouvoir tant bien que mal en s’aidant de l’invention de Von Sauerbronn ?
Je veux parler de la Draisienne, ancêtre de la petite reine,vous l’aviez évidemment deviné...
Qui ne doit pas sa première super gamelle à cet engin de torture compromettant notre équilibre, ustensile qui en fin de randonnée et pour peu que le vent vous soit contraire, vous fait paraître le moindre faux plat à l’image d’un col de première catégorie?
Qui ne s’est jamais plaint du séant, même longtemps après avoir parcouru moult sentiers des marais jouxtant l’océan ?
Qui n’a jamais vécu un grand moment de solitude et vu son honneur terni par quelque hâbleur joyeux d’arriver à destination dix minutes avant vous pour vous accueillir frais et dispos en arborant un soda à demi consommé, alors que, jambes flageolantes, tête affalée sur le guidon, vous avez la langue qui tutoie le pneu avant depuis plusieurs kilomètres et que les gouttes de sueur qui dégoulinent de tous vos pores ont rendu vos freins inopérants ?
Qui n’a jamais ressenti quelque instinct assassin envers cet enfoiré de cyclopède que vous haïssiez déjà de vous avoir abandonné dans le désarroi de l’effort total, de la souffrance infiniment plus morale que musculaire, ce pédaleur dont vous n’aviez conservé que l’image de son postérieur la dernière fois qu’il a quitté votre champ de vision ?
Qui n’a jamais juré de se donner tous les moyens pour montrer à son tour un postérieur rageur et conquérant à l’encontre de ce gagneur d’un jour, ce sadique devisant sur vos contre-performances, régalant ainsi la galerie qui naturellement en rajoute quelques couches ?
Qui de vous messieurs, n’a jamais déploré de constater que meurtri, votre noble organe génito-urinaire ne devienne au fil des chaos du terrain de moins en moins génital pour finir de plus en plus urinaire ?
Qui ne s’est pas fait mettre en boite par sa chère et tendre (généralement unique et préférée) le soir à l’heure du devoir conjugal, alors que, malgré les pensées salaces qui vous occupent l’esprit depuis le film de la nuit passée sur chaîne câblée, de votre ferme intention d’en imposer, vous présentez un bigoudi bleuâtre et racorni de contacts abusifs avec un siège contondant et une onde fraîche sodée à l’extrême ?
Qui de vous du sexe fort et macho de surcroît (ce que je m’interdis d’être) n’a jamais subi le déshonneur suprême d’une déroute de la route par la femme du copain, sportive et svelte, elle ?!...
Qui enfin n’a jamais juré, le temps de reprendre son souffle, qu’il allait cesser les apéros et réduire la bonne chair pour donner au plus tôt une bonne leçon qui contiendra une fois pour toute les sarcasmes desdits copains ?
Ainsi est le sort de tout pédaleur d’occasion parce que dans l’Ile de RRRRÉ, ne pas faire du vélo le ferait passer pour un ringard de premier choix.
Ce pédaleur, c’est celui qui débarque joyeusement de sa province ou de sa capitale avec la noble intention de s’adonner à ce sport durant ses vacances pour apprécier ensuite le moelleux de son fauteuil directorial une fois de retour à la vie “active” !
Et là, je m’interroge :
Faire du sport s’appelle se détendre alors que rester statique au bureau se dit être actif... ?!?!?!
La langue Française ne serait-elle pas quel que-peu contrefaite ???
Quels sont les signes indiscutables de détection du vrai pédaleur ?
À l’envers d’un vrai faux, un vrai de vrai est un individu dont le système pileux s’est atrophié à un tel point qu’ils peut même parler sans zozoter...
Ses jambes cagneuses et sinueuses, bronzées du haut de la cheville au bas de l’aine (et non pas de ses bourses) sont infiniment plus volumineuses que le cadre du véhicule sur lequel il se démène avec ardeur.
Ses bras, généralement reliés à des mains noueuses tétanisées sur morceau de métal torturé, sont mus d’un mouvement répétitif simulant l’acte d’amour à la machine.
Il fait généralement le gros dos tout en projetant sa proéminence abdominale vers son suivant immédiat.
Le personnage, animant de ses contorsions appliquées la publicité d’un alcool anisé ou d’une marque de voiture étrangère qu’il ne possède pas, est numéroté pour ne pas être confondu avec le flot d’individus de l’espèce.
Visage au vent, traits tendus, écume aux lèvres et regard tueur, on le sent décidé, volontaire, rageur, souffrant à l’effort, prêt à agresser le moindre raidillon d’un coup de pédale dévastateur.
Ses habitudes alimentaires réelles reste un mystère, ses qualités à évoluer dans ce domaine faisant généralement obstacles aux plus grands savoirs.
Son but ? Foncer, c’est tout...
Le faux lui se repère facilement à son allure plutôt défaite :
Mal rasé, la calvitie naissante cernée de mèches en bataille, l’oeil encore gonflé d’un sommeil écourté pour la cause, les jambes frêles, molles et touffues, le torse nu d’un rouge pétant zébré de la marque de ses bretelles qu’il n’avait pas quitté hier sur la plage, le nombril dodelinant gentiment sur le haut du short jaune fluo, moulinant les pieds en canard, il se tient généralement le dos incurvé, se déplaçant le guidon en bataille, ahanant comme un emphysèmique à la recherche d’une improbable dernière molécule d’oxygène, geignant et maugréant des phrases hachées par les secousses du terrain, du type :
Saaalo&@£#rie de Put ?
À cet instant, il jette un regard vers l’horizon et crie à la femme du copain qui prends ses distances :
Attends-moi quoi, Mordel de Berde, on est pas aux pièces* quand même !
Traduction de ce raccourci : “Ô toi ma chère amie que j’apprécie tant, aurais-tu l’infinie bonté de bien vouloir m’attendre ne serait-ce qu’un instant afin que nous puissions disserter posément tout en admirant l’éphémère paysage défilant bien trop vite à nos yeux ébouriffés du bonheur de cette communion rare et profonde avec dame nature” ?...
Réponse : Remue toi gros lard, il nous reste encore quinze bornes à faire avant de déjeuner !!!
Le moral désormais à zéro, joignant le geste à la pensée à propos de pièces et de leur consistance, c’est hélas une dure certitude qui prends place : Il devient vital de finir en danceuse !!!
Lors d’une lueurs de lucidité lui favorisant au détour d’un virage négocié avec prudence la découverte d’un faux cycliste de son espèce encore plus atteint que lui, il en profite pour expulser d’un rire gras essoufflé à son copain de torture qui roule à ses côté et dont l’épouse ne cesse de leur ouvrir la route : “Regarde ce Coo@#aaaard, avec la tête qu’il a il devrait se casquéééerr d’un cuissaaard!... AHAHAH (rire) !!! ÔÔÔooooooooooo (panique)....
Et là, patatras !!!
Cette rencontre du troisième type détournant son attention de la maîtrise du cheval d’acier loué à grands frais, le conduit directement hors de la piste, justement là où un peu de sable mou vient bloquer sa roue avant, ce qui, dans un plongeon magistral, a pour effet de le propulser au creux d’un nid de ronces blotti au fond d’un précipice d’au moins quarante centimètres et probablement creusé à l’intention exclusive de notre kamikase !!!
Genoux et mains écorchées, rouge au front, il déclame au grand dam d’un bon dieu de service une tirade à faire rougir le plus expressif des charretiers, la bienséance m’interdisant d’en révéler ici la teneur.
Il conclue en accusant des pires outrages de la nature ce pauvre bougre rencontré par hasard, qui roulait à gauche comme lui et dont la condition n’a rien d’enviable, mais qui se met à rire à gorge déployée de la mésaventure du cascadeur en faisant des HAÔ-HAÔ extrêmement sonores (un Anglais sans doute...), ravi d’être lui-même épargné pour une fois.
Après avoir durement testé la loi de la pesanteur, le faux pédaleux rentrera penaud, l’orgueil dominant la douleur.
C’est là, à l’issue de son calvaire, que le pauvre bougre sera brocardé à souhait par le copain et naturellement sa femme !, expliquant l’incident à qui veut l’entendre en l’enjolivant d’images dignes d’une BD de Tex Avery.
Naturellement, le pauvre jura, mais en pétard qu’on ne l’y reprendrait plus.
Dès le lendemain matin, après l’énumération de ses membres valides ainsi que le ferait un rhumatisant quasi-grabataire, que voit-il arriver arborant un grand sourire compatissant et charmeur ?
La femme du copain qui vient tout simplement lui dire : Allez, fais pas l’enfant ! Tu sais bien que le vélo ç’est bon pour toi et qu’il faut que tu perdes un peu de poids... Tu verras comme tu apprécieras une fois de retour chez toi... Tes copains ne vont pas te reconnaître !... Fais moi plaisir,... j’aime bien quand tu viens te balader avec moi, ça me rassure... et puis tu vas pas abandonner Jean-Édouard ? (C’est son mari)
Et là, ravalant sa promesse de la veille, notre forcené, fondement en tartare, fond et repart pour une nouvelle virée tout en décomptant avec application les jours restant, pressé de se refaire une vraie santé au travail et programmer les prochaines vacances là où il n’y aura surtout pas de vélos, en Laponie ou au Sahara peut-être !... Non ! pas le Sahara, il y a du sable !...
Enfin et pour faire court afin de ne pas dépasser les quinze lignes requises par article, j’en terminerai par poëter cette moralité à l’usage de tout non prévenu :
Pour vivre serein et marcher bien,
gardez vous de la femme du copain,
et quand on vous parlera vélo,
efforcez vous de penser au boulot,
car à pratiquer ce sport en RÉ,
vous y finirez à tort, cassé !
RÉ, Terre de VIGIE...
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