Les associations à la botte du pouvoir contre le citoyen
Il y a deux semaines dans le Phare de Ré (édition du 27 avril 2005 en page 11), un papier factuel et bien documenté, de Virginie Valadas relatif au budget du conseil communautaire revenait sur les aides accordées par la cdc aux associations rétaises. sous le titre : « QUATRE ASSOCIATIONS SE PARTAGENT LE GÂTEAU » : L'Association Rétaise de Développement Culturel (ARDC) et l'Ecole de Musique pour le volet culturel, ILE-DE-RÉ TOURISME pour le volet touristique et RÉ-SOURCES pour le volet social.
Ce portrait de groupe de la vie associative officielle et convenue de l'Ile-de-Ré m'avait conduit à repenser aux mécanismes de la machine infernale typiquement française grâce à laquelle, au petit monde des donateurs et des bénévoles, soit 95% des associations, s'oppose un grand monde d'employeurs associatifs financés sur prélèvements obligatoires, soit 30 à 40 000 grosses structures qui ont surtout pour vocation de jouer aux grands arbres pour cacher la forêt.
Le rappel à la réalité de ce que je ne peux qualifier autrement que « d'usurpation de l'identité associative » avait réveillé en moi une vieille colère et l'envie furieuse de mettre le feu à la plaine.
J'étais cependant resté tranquille, histoire de ne pas alimenter sans cesse dans les villages sans prétention ma mauvaise réputation (que j’me démène ou que je reste coi, je passe pour un je ne sais quoi ;-).
Malgré ces bonnes résolutions, au fil des jours, le déroulement dans le forum VIVRE SUR L'ILE-DE-RÉ d'une discussion titrée UNE VIE POUR LES RÉTAIS DE 13/17 ANS ?, l'envoi d'un dernier message posté sur ce même forum par « mataf » ont chauffé à blanc par contagion les fers que je gardais à côté du feu et voilà qu'ils me brûlent les mains.
Aujourd'hui, je sens que ça va me faire du bien de libérer les chevaux même si ça n'en fera pas à tout le monde et notamment au Gouverneur.
Le sujet est à multiples facettes, je le traiterai donc en trois fois, trois tableaux, sur quelques jours, le temps de respirer et de laisser aux acteurs de la pièce le temps de rejoindre CET ESPACE DE LIBRE DÉBAT. (" teasing" est le mot anglais employé en publicité pour qualifier ce genre de jeu de piste)
Pour bien comprendre le problème en général avant de descendre dans l'enfer rétais en particulier, je vous invite à la lecture de quelques extraits d'une interview édifiante de Pierre Patrick Kaltenbach.
Conseiller maître à la Cour des comptes, ancien président du Fonds d’action sociale (FAS) et de l’INED, président des Associations familiales protestantes et spécialiste de la vie associative, Pierre-Patrick Kaltenbach dénonce depuis plusieurs années l’opacité qui caractérise la gestion des associations.
Il met en lumière les limites des procédures de contrôle et en appelle à la réforme pour inventer des contre-pouvoirs capables de résister aux dérives d’une démocratie financière en pleine crise. (OBRAL : Observatoire Bénévole des Réalités Associatives Locales - Guide Pratique du Contrôle Associatif)
En trente ans, le paysage associatif est devenu méconnaissable. Il y a deux choses à appréhender: d'abord un véritable raz de marée, ensuite une authentique subversion.
Le raz de marée, c'est l'explosion quantitative : 15 à 25 000 déclarations annuelles avant 1975, 50 à 60 000 après 1995. La subversion, c'est la métamorphose qui transforme une liberté, une gratuité, un outil familial de la société civile, un contre-pouvoir par excellence en un outil de gestion d'un État Providence opaque, obèse et politisé.
Le monde associatif est devenu une courroie de transmission pour les pouvoirs de tout poil : l'argent, la politique, les corporations, les collectivités locales, l'éducation, la culture... C'est une machine à souplesses budgétaires et fiscales, hors de tout contrôle démocratique. (...)
Ce nouveau monde mixte, public par ses financements et privé par ses revendications, emploie 80 % du million de salariés associatifs et gère 80 % des fonds publics associatifs, soit 125 milliards d'euros.
COMMENT SONT CONTRÔLES CES 125 MILLIARDS D'EUROS ?
Personne au Gouvernement, au Parlement, à la Cour des Comptes, à l'INSEE, au plan, dans les ministères les plus concernés, au sein du lobby associatif dans les universités, la recherche publique, les syndicats, le MEDEF ou les médias, n'est en mesure ni n'a cure - de dire avec un minimum de rigueur, le nombre d'associations, d'employeurs associatifs, de salariés, de bénévoles, de donateurs, ainsi que l'origine, la nature, la répartition des ressources et des dépenses d'un monde qui gère 10 à 12 % du PIB de la France et plus de 50 % de la dépense sociale.
Cette situation est unique parmi les pays civilisés et démocratiques ! Tel est, en matière associative, le bilan mesurable de la génération morale aux affaires depuis trente ans. L'impensable est advenu : l'association se retourne contre le citoven ! (lire l'intégrale de l'interview en cliquant sur ce texte)
ET SUR L'ILE DE RÉ ?
Ici, comme partout ailleurs ce sont des guerres totales, souvent cachées et honteuse, entre d'une part, les associations alignées, mercenaires en charge du contrôle social et, d'autre part, les associations non alignées qui ne revendiquent que « le libre gouvernement de la rosée du matin », c'est à dire d'elles-mêmes.
Mais tout de même, ici, nous dépassons les bornes des limites, nous sommes au-delà de la caricature.
D'un côté il y a ces fameuses associations officielles, à la botte, courroies de transmission exclusivement préoccupées de se partager le gâteau, suivant l'expression du Phare de Ré, ne vivant que pour se survivre à elles-mêmes ou pour le moins aux idées généreuses qui, parfois il est vrai, les ont fait naître ; de l'autre il y a la vie démocratique, l'engagement des citoyens dans la vie de ce pays tout simplement.
L'une de ces guerres a eu lieu sur l'Ile ces trois dernières années autour du « PROJET CENTRE SOCIAL » ; elle est bien loin d'être terminée et elle m'apparaît mettre en cause suffisamment d'acteurs de toutes natures et être suffisamment exemplaire pour qu'une bonne connaissance des faits et un « Libre Débat Public » sur Le Meuil puissent constituer pour chacun d'entre nous « une excellente pédagogie ».
Bientôt, second tableau, je vous raconterai comment, durant l'été 2004, une lampiste, conseillère municipale socialiste de La Rochelle, agent de développement local de la caisse d'allocation familiale (CAF), petite main du contrôle social en mission sur l'Ile-de-Ré, en est arrivée sous de multiples pressions à prendre la responsabilité de la dissolution de l'APCS (Association Projet Centre Social) pourtant librement constituée sous la loi de 1901 pour satisfaire l'exigence de normalisation voulue par le Gouverneur et l'ensemble de la nomenklatura associative et politique de l'Ile.
Ce qui l'a conduit à manipuler des personnes fragiles et à procéder par faux et usage de faux auprès du Préfet de la Charente-Maritime. (je connais trop bien les règles de droit qui encadrent l'expression publique pour prendre le risque de m'exprimer ici sans preuves et personne n'ignore qui se déguise par jeu sous le pseudonyme innocent d'AlcoFribas. Donc, j'assume.)
Enfin viendra le troisième tableau, un vrai sursaut démocratique rétais qui prendra, sur Le Meuil, la forme d'un forum dédié au « Projet Centre Social » sur l'Ile-de-Ré.
Ce forum aura pour première tâche de faire toute la lumière sur l'histoire passé, présente et à venir, du projet de centre social rétais à l'heure même où le Gouverneur s'apprête à relancer en sous main le processus suivant ses propres lois (les mésaventures de l'animateur jeunesse en témoignent déjà) et de confronter sans aucune exclusive les points de vue de toutes les parties concernées dans la mesure où elles accepteront d'exercer ce droit de « Libre Débat Public ».
Afin, notamment, de ne pas faire peser sur notre bien-aimé webmestre « hotdna » le risque juridique lié à sa position de responsable de la publication, la responsabilité éditoriale de ce forum brûlant et pour tout dire dangereux sera subsidiairement assumée par une association - lemediateur@ris-apcs.net - (RIS-APCS / Réseau d'Innovation Sociale - Association Projet Centre Social) librement constituée à cet effet avec ce seul objet, exclusif de tout autre : « veiller à instaurer, préserver et étendre les capacités d'expression publique des membres de l'association, des bénéficiaires de son action et, plus généralement de toute personne qui, directement ou indirectement, pourrait ressentir les effets de cette action. »
La suite au prochain tableau (2) et dans le Forum VIVRE SUR L'ILE-DE-RÉ, rubrique PROJET CENTRE SOCIAL.
Signé : AlcoFribas